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De 1907
à 1925 : Enfance et adolescence
C'est à Valcourt, dans les Cantons-de-l'Est du Québec, au Canada, que
Joseph-Armand Bombardier voit le jour le 16 avril 1907. Personne, dans ce
paisible village agricole, ne se doute du destin exceptionnel réservé au
nouveau-né.
Jouets mécanisés
Enfant,
Joseph-Armand fait preuve d'une remarquable curiosité pour tout ce qui est
mécanique, s'amusant entre autres à démonter et à remonter divers mécanismes.
Il a à peine 13 ans lorsqu'il fabrique un de ses premiers jouets mûs par un
mécanisme d'horlogerie : un modèle réduit de locomotive. Déjà, son souci
d'esthétique l'amène à peindre l'objet avec grande minutie. Bientôt d'autres
jouets mobiles, notamment des tracteurs et des bateaux, naissent de
l'imagination débordante de Joseph-Armand et font le bonheur de ses frères,
soeurs et amis.
L'esprit d'entreprise, qui plus tard mènera l'inventeur au succès
commercial, se manifeste déjà à l'adolescence. En effet, pour financer ses
achats de mécanismes d'horlogerie chez le bijoutier du village,
Joseph-Armand utilise l'argent qu'on lui donne pour servir la messe à la
paroisse.
Du rouet au canon
Rien n'échappe à la fièvre d'invention de Joseph-Armand. C'est ainsi qu'il
construit un moteur à vapeur à l'aide de pièces provenant d'une vieille
machine à coudre. Désireux de mettre ce nouvel appareil à l'essai, il
obtient la permission de le monter sur le rouet de sa tante Marie.
L'expérience réussit, à la joie de l'adolescent et au grand désarroi de la
tante qui voit son rouet tourner de plus en plus vite.
Infatigable,
Joseph-Armand convainc le vétérinaire Archambault, père de son ami Paul, de
lui céder un fusil de calibre 12 hors d'usage. Heureux possesseur de la
pièce, il raccourcit le canon, modifie le système de mise à feu, scie et
polit la crosse et change la culasse. Il monte ensuite le nouvel engin sur
des roues de métal. Une semaine plus tard, Joseph-Armand se rend chez Paul
pour montrer le mini-canon. Il le fait détonner à l'aide de poudre noire, en
présence du vétérinaire médusé.
Un engin infernal
Pour mettre à l'abri le moteur de sa propre voiture, que Joseph-Armand prend
plaisir à défaire et à refaire, Alfred Bombardier donne à son fils le moteur
d'une vieille voiture Ford modèle T jugé « irréparable ». L'adolescent,
secondé par son jeune frère Léopold, réussit malgré tout à le réparer. Il
l'incorporera bientôt à un véhicule de sa conception.
Mais, il lui faudra attendre quelques mois pour le réaliser, car son père
l'envoie, à l'âge de 14 ans, continuer ses études au Séminaire
Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke, ville située à proximité de Valcourt.
Alfred souhaite, en effet, que son aîné devienne prêtre, comme le veut alors
la tradition solidement ancrée chez les familles francophones du Québec.
Tout ce qui semble insurmontable devient un défi à relever pour
Joseph-Armand. Loin de son atelier de bricolage, le collégien a le temps de
mijoter sa nouvelle idée. À son retour chez lui, pour les fêtes de Noël et
du Nouvel An, il s'enferme dans l'atelier de son père et y trame une
surprise avec son frère Léopold et quelques cousins.
La veille du jour de l'An, c'est avec stupeur qu'Alfred Bombardier voit
surgir de son atelier un étrange traîneau propulsé par le moteur de la
vieille voiture Ford, un véritable engin «infernal». Léopold, assis à
l'avant, manie la direction à l'aide de guidons en câble de coton. Joseph-Armand, debout à l'arrière, fait fonctionner le moteur. La propulsion
est assurée par une hélice de sa fabrication.

L'inventeur, âgé seulement de 15 ans, vient de construire
son premier véhicule pouvant circuler sur la neige. À sa sortie, l'engin
suscite la surprise et l'émerveillement de tous. Cependant, Alfred
Bombardier en ordonne le démantèlement immédiat, conscient des risques que
pose l'hélice. Joseph-Armand obéit, mais dans son for intérieur, il est fier
d'avoir fait fonctionner sa machine sur la neige.
Véhicule à neige, 1922
Changement de cap
La curiosité intellectuelle de Joseph-Armand, son ingéniosité, le plaisir
qu'il éprouve à bricoler des mécanismes et à réparer des moteurs témoignent
déjà de la passion qui l'habite et le guidera tout au long de sa vie. Il
poursuit ses études classiques au Séminaire, mais le c¦ur n'y est pas, car il
sait qu'il ne sera ni prêtre, ni médecin, ni fermier, mais bien mécanicien.
À 17 ans, avec le consentement de son père, le jeune homme quitte le collège
et part faire son apprentissage au Garage Gosselin à Stukely-Sud, au printemps 1924.
Il part par la suite à Montréal où, en plus de travailler dans un garage, il suit des cours du soir en mécanique et électricité automobile. Il prend aussi des cours d'anglais et lit toutes les publications scientifiques et technologiques qui lui tombent sous la main.
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La maison d'Alfred Bombardier

La famille d'Alfred Bombardier et de Rose-Anna
Gravel en 1932 (assis de g.à dr.): Hermine, Alfred, Gérard,
Rose-Anna et Léontine, et (seconde rangée, de g. à dr.) Alphonse-Raymond,
Théophile, Joseph-Armand, Léopold et Georges.

Joseph-Armand, le jour de sa première
communion à 9 ans, 1916

Les modèles de jouets de la collection du Musée sont des
reproductions réalisées par un frère de Joseph-Armand, Léopold.

Joseph-Armand à 14 ans, 1921
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